Journal d'un voyage en East Anglia.
11 juillet-17 juillet 2016.
(2)
Le JEUDI 14 JUILLET 2016 :

Ce jour de prise de la Bastille, nous visitons des châteaux : Framlingham Castle le matin et les jardins de l’impressionnant Helmingham Hall l’après-midi. Le premier a gardé ses treize tours du 12 ième siècle et nous nous promenons sur les remparts pour la vue de la campagne anglaise déployée à trois cent soixante-cinq degrés et celle de la cour intérieure avec l’élégante maison du 18 ième siècle, à l’abri des murs épais de la défense médiévale.

Repas au village dans un petit restaurant-café un peu excentré que nous a recommandé un Français exilé qui promène son chien. J’ai toujours conscience, dans un lieu étranger de mon aspect de touriste, ici renforcé par la présence de nos convives habituels, Colette, René qui, ne parlant pas Anglais, lit avec application son choix sur la carte avec son fort accent mosellan et que la serveuse comprend immédiatement alors que je suis parfois obligée de répéter ma phrase en Anglais, Marinette à l’aise avec la langue étrangère, son mari Guy, en chemise et veste marine, très British et le mien qui hésite à choisir et qui regrettera de n’avoir pas fait le choix du voisin.

 

Les jardins de Helmingham Hall sont vastes, variés et nous enchantent. Voici d’abord le château qu’on ne visite pas, au milieu de ses eaux, une face tournée vers la roseraie, une autre pièce d’eau, le parc aux cerfs, les paddocks, les écuries…, de l’autre côté sont les jardins dont la liste elle-même est poétique : Hybrid Musk Rose Borders, Walled Kitchen Garden, Scrub Border, Topiary Border, Grass Border, Colour Themed Border, Spring Border, North Border, Yew Border, Woodland Garden, Nut Walk, Orchard and Wildflowers Garden, Apple Walk, Knot Garden, Herb Garden, Rose Garden… Même les Coach House Gardens et le Potager donnant sur les parcs aux cerfs émerveillent parce que leur présentation nous fait voir les légumes, comme des fleurs d’une autre sorte, le choux voluptueux dans ses rondeurs closes, les fleurs blanches, espoir des pommes de terre, les piques et les pointes des futurs artichauts, le violet des boules d’ail sur leur tige haute, les tendres feuilles des petits pois sous le fin grillage qui les protège des oiseaux, les rapaces de bronze des quatre coins du mur n’étant guère dissuasifs. Et toujours, des arceaux de fleurs, des buis taillés selon la fantaisie du jardinier, des allées d’herbe, des tonnelles, des massifs de toutes couleurs et d’autres d’une ou de deux teintes, des fleurs étranges et des fleurs familières. Le jeune jardinier, accroupi dans une bordure, dit être le seul avec un confrère de plus de soixante-dix ans à entretenir ces jardins. Peut-être avons-nous mal compris.

 

Homme voluptueux.

Et femme dans l’allée.

Cream Tea au salon de thé du château avec scones bien sûr !

 

A l’hôtel, nos cœurs sont en fête au repas du soir comme nos vêtements sont au bleu au blanc et au rouge en ce jour de liesse nationale parce que nous ne savons pas que la nuit sera sanglante à Nice.

(suite encore)
(retour au début)